Françoise Dumas
Députée de la Première circonscription du Gard
Présidente de la Commission de la Défense nationale
et des forces armées

40 ans de l'élection de François Mitterrand

A l'Assemblée Nationale

Pour les contemporains de cette date, mais pas seulement, le 10 mai 1981 reste synonyme d’un changement historique marquant, vécu de bien des manières, dans la vie des uns et des autres. Pour ma part ce fut de la joie, et comme un sentiment de libération. François Mitterrand était élu Président de la République. Une incarnation de la réouverture du champ des possibles, pour la citoyenne de 21 ans que j’étais. 

J’aspirais comme beaucoup à une société plus humaine, moins corsetée, moins figée par des représentations sociales et des intérêts dominants et surannés. J’aspirais à une société moins complexée et discriminante, plus libératrice et émancipatrice du citoyen. L’histoire connaissait un nouveau souffle parvenant jusqu’à celles et ceux qui se sentaient hors de sa portée et non reconnus parce que relégués. Cette espérance fut l’origine de ma passion pour la politique et de l’ancrage de mon cœur à gauche.

Ce changement était aussi d'un large rassemblement. La Gauche s'affranchissait des archaïsmes qui ne pouvaient plus régir la société face aux évolution de la société et du monde. 

Après sa rupture avec la rigueur, le miterrandisme a absorbé le choc des réalités, avec résilience et une grande habileté. Il a su rassembler largement au service d’un projet alliant réforme et solidarité. C’est qu’il avait conscience que la France ne pouvait surmonter les défis de l’époque en s'arc-boutant sur des idéologies. Prises isolément, ces idéologies ne reflètent pas la vérité de la Nation française, pas plus qu'elles ne permettent au pays de surmonter les conjonctures. Plus qu’une idéologie, Mitterrand avait une vision s’adaptant aux enjeux de l’époque, jusqu’à la cohabitation. Il faisait la synthèse de ce qui doit être permanent, avec les nécessaires transformations des institutions et de la société, pour protéger la France de ce qui ne serait pas elle – ses passions tristes - face aux soubresauts de l’histoire, aux mutations du monde. A l’international, François Mitterrand a perpétué la marque de fabrique gaulliste du jeu de bascule entre les grands de ce monde, l’équidistance entre Moscou et Washington. Une boussole toujours actuelle.

Pour moi comme pour d’autres, François Mitterrand m’a légué la volonté forte d’être une femme engagée et libre ; libre avec elle même et avec les autres, libre des préjugés et anathèmes qui ont la vie dure, ou de toute injonction de bien-pensance. C’est aussi l’attachement à une forme d’indépendance vis -à -vis du mandat et de la fonction. Un élu est aussi une personne humaine avec sa part d’intime, que l’on ne peut réduire à son mandat.

Et n’en déplaise à certains qui, aujourd’hui comme hier, fantasment et mythifient le passé pour démanteler les acquis et principes du progrès humain, l’abolition de la peine de mort restera de tout temps une avancée dans la conscience et la justice humaines. Ces réactionnaires prétendent réarmer la société alors qu’il se font artisans de son abaissement et de son asservissement. 

Attachons nous à l'invariant, à l'intemporel qui fait converger - l'humanisme républicain - plutôt qu'aux étiquettes, slogans ou réactions outrancières et éphémères du moment.


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