Françoise Dumas
Députée de la 1ère circonscription du Gard
Françoise Dumas
Députée de la 1ère circonscription du Gard

A l'Assemblée Nationale

Le débat sur la nécessité de maintenir une industrie nationale dans les secteurs dits « stratégiques » prend une résonance nouvelle en raison de la fermeture des frontières et de la paralysie du commerce international. Cette crise fait revenir dans notre société d’abondance, une notion que l’on croyait  appartenir au passé : celle de pénurie.

 

De délocalisations en « optimisations », notre pays a perdu de sa substance industrielle, ce même tissu que nos voisins allemands ont su conserver. Notre politique industrielle héritée de Colbert, a décliné à la faveur de la mondialisation. Mais tous les jours, en dépit des rigueurs du confinement, la société française nous donne bien des signes qu’elle est cimentée par davantage de solidarité et de valeurs civiques qu’un conglomérat de consommateurs désunis.

 

Réindustrialiser ? Relocaliser nos forces productives ? Bien volontiers. L’une des aptitudes du peuple français que l’histoire a révélées est sa capacité de rebond. Comment ne pas penser, au cœur de la crise qui nous frappe, aux grands sursauts de la Nation qui nous ont permis de regagner notre rang ; comment ne pas penser à 1945, à 1958 ?

 

De surcroît, nous possédons un autre atout, très concret : nous ne partons pas de rien. Nous n’avons pas tout abandonné. Il reste un domaine économique dans lequel l’État a su rester le grand stratège : la défense et son industrie. La Défense, c’est l’ultima ratio regum, et l’État a su la préserver jusqu’à présent en dépit des logiques qui ont présidé au démantèlement du reste de notre industrie. Sachons faire fond sur cet atout.

 

Nous devrons œuvrer à la reconstitution de diverses filières industrielles sur le sol national. Mais s’il ne faut pas longtemps pour démanteler une industrie, beaucoup plus de temps est nécessaire pour la reconstruire. Les compétences se perdent plus rapidement qu’elles ne s’acquièrent. Rebâtir une industrie prendra quelques années.

 

Or, notre économie en état de choc réclame des mesures de relance immédiates. Un plan de relance à la hauteur des enjeux doit certes comprendre des mesures de moyen et de long terme, mais il doit surtout donner un stimulus immédiat à notre économie. Voilà qui plaide pour un focus très puissant en faveur de la défense et, par extension, de  l’Aéronautique et de l’Espace, qui lui sont intrinsèquement liés. Pour trois raisons.

 

L’industrie de défense, l’aéronautique et l’espace sont les grands points forts de la France dans la concurrence internationale. Il faut défendre nos atouts existants, en reprenant le travail lorsque toutes les précautions sanitaires seront réunies et, d’autre part, en préservant nos industries stratégiques de la récession qui frappe le reste de notre économie.

 

Après la crise de 2008, renouant avec la logique à courte vue des « dividendes de la paix », la France a sacrifié  les crédits de la défense. Il a ensuite fallu entamer un coûteux et tardif rattrapage en 2015 après les attentats terroristes sur notre sol. Ne faisons pas la même erreur aujourd’hui. Gardons-nous de coupes budgétaires destructrices dans l’exécution ou dans l’actualisation de la loi de programmation militaire que nous avons votée, avec le soutien d’une large part des groupes parlementaires de l’Assemblée nationale, pour les années 2019 à 2025.

 

En outre, l’industrie française de défense a un grand mérite : elle existe. Les usines, les plateformes logistiques et les bureaux d’études sont là, fonctionnels et disponibles. À la différence d’industries qu’il s’agirait de reconstruire, l’industrie de défense peut prendre dès aujourd’hui des commandes supplémentaires et les traduire immédiatement : en emplois dans des sites répartis sur tous les territoires, en activité pour les usines et les bureaux d’étude, et en sève économique dans nos régions, y compris celles que les autres industries ont quittées.

 

Investir dans la défense, c’est ainsi créer des emplois, de la valeur ajoutée et de l’innovation technologique dès à présent ; c’est relancer tout de suite, et non pas plusieurs années plus tard. Ne nous privons pas d’un vecteur de relance plus réactif que les autres.

 

Enfin, tout euro investi dans la défense produit plus de richesse en France qu’un euro investi ailleurs. L’industrie de défense est principalement nationale. C’est l’industrie du made in France et non celle des importations. Même les règles européennes des marchés publics, pourtant si imprégnées de la logique de promotion du libre- échange, prévoient des exceptions pour la défense. L’industrie de défense innove en permanence et les innovations technologiques qu’elle produit irriguent le reste de l’industrie. C’est en réalité l’avance technologique qui fait notre compétitivité ; n’est-ce pas le Pentagone qui a développé les prémices d’Internet ?


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